Tupinambá dans le colimateur
Depuis deux mois, la police fédérale brésilienne fait pression sur la communauté indigène Tupinambá de la Serra do Padeiro, une des communautés qui composent le peuple Tupinambá de Olivença, dans le Sud de Bahia.
Arrestation illégale
Plus de précisions dans ce bon article : http://fr.globalvoicesonline.org/2010/05/05/34388/
Pressions et abus
Depuis, la communauté subit des visites régulières et pas franchement amicales de la police fédérale dans les villages, dans les bus scolaires, sur les lieux de passage et de travail des membres de la communauté. Quinze mandats d'arrêt auraient été émis contre d'autres membres de la communauté, visant plus particulièrement les différents coordinateurs et leaders de la communauté. Les objectifs de ces actions sont stratégiques et pas très obscurs : criminalisation de la lutte des indigènes et des mouvements pour la terre, intimidation et tentative de paralysation de la communauté qui ne peut plus travailler dans de bonnes conditions, affaiblissement voire "cassage" de la communauté et de sa lutte.
Campagne anti-indienne
Tout ceci s'appuie en parallèle sur la
* traduction du titre du journal : Des "indiens" Tupinambá tuent, volent, pillent et provoquent la guerre dans la région.
méthodes inquiétantes
Au-delà des abus de la police fédérale, les rumeurs concernant d'autres méthodes inquiètent la communauté : têtes mises à prix, engagement ou en tout cas encouragement au recours aux pistoleiros (tueurs à gages, porte-flingues...)
Pourquoi
Depuis plusieurs années, la communauté Tupinambá de Olivença revendique son identité et son droit à la terre. En 2009, la FUNAI (fondation nationale de l'indien, organe gouvernemental) a reconnu ce droit, et défini un territoire de 47 000 hectares comme territoire indigène. Les tensions se sont alors exacerbées entre indigènes et exploitants/propriétaires. Le territoire n'est pas encore reconnu légalement, et les différentes communautés qui composent les Tupinambá d'Olivença se trouvent face à l'hostilité des grands propriétaires et des politiques qui leur sont favorables.
Dans le cas particulier de la communauté de la Serra do Padeiro, (environ 130 familles) les indigènes dérangent d'autant plus qu'ils luttent de manière tout à fait impressionnante : 21 zones de retomadas (occupation de terres) sont aujourd'hui occupées par cette seule communauté. Glicélia, soeur de Babau, explique que ces retomadas sont faites sur des zones abandonnées des terres des grands exploitants, aires laissées en friche depuis des années, ou sur des
Ce que j'en ai vu
Cette semaine, quand nous sommes allés rendre visite aux Tupinambá de la Serra do Padeiro, j'ai vu une communauté organisée, productive, accueillante. Bien vivante et la tête haute. "Ils disent que "Babau fait ceci, Babau fait cela", mais en réalité, Babau, c'est nous tous. Babau c'est la communauté. Nous tous nous luttons et nous travaillons." Les parcelles cultivées le sont pour la plupart sur un mode communautaire. La "maison de la farine" permet de produire une quantité impressionnante de farine de manioc, mais la production est à l'arrêt depuis deux mois, par peur des incursions policières. Les communications sont rendues difficiles par le manque de couverture réseau pour le téléphone et internet et la difficulté à se rendre en ville pour cause du climat hostile et des mandats d'arrêt. Et dans ces conditions, il est difficile pour la communauté de faire entendre sa propre voix.
Une voix qui en a à dire. Sur le pourquoi de la lutte pour la terre, sur sa vision du monde, sur ce que c'est que résister, pourquoi... Dangereuse, quoi.


des billets
1 commentaires:
ça me rappelle le petit mot qu'Anne avait laissé à la maison en partant: "le centre du monde est partout où on résiste"
en voilà un, on dirait
19 mai 2010 à 19:09
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