jeudi 28 janvier 2010

être indien, c'est.... (2) facile

Seu Antônio, un vieux monsieur, ancien liderança de la communauté Truka de l'Ilha de Assunção, à qui je suis allée rendre visite pour préparer un livre à sortir, m'a beaucoup parlé de l'histoire de la lutte du peuple Truka, à laquelle il a beaucoup apporté. Il était aussi un de ceux qui menaient les travaux spirituels de la communauté, qui travaillait pour donner de la force à la lutte. Mais dans ses mots, j'ai trouvé aussi beaucoup de désappointement de voir les jeunes plus distants de la culture Truka, de les voir boire, se perdre dans l'alcool ou parfois la drogue, etc.

Il disait "ici, il y en a beacoup qui ne sont plus indiens." Je voulais comprendre ce qu'il entendait par là, et lui ai demandé "Mais c'est quoi, alors, être indien ?"




"Être indien, ma fille, c'est facile. Être indien c'est tout simplement savoir vivre ensemble."


3 commentaires:

Blogger BenoitB a dit...

Alors... t'es une indienne?

Et les non-Indiens, on les désigne comment?

2 février 2010 à 09:39

 
Blogger constance a dit...

eh bien justement, j'essaie petit à petit de répondre à la question "c'est quoi être indien ?" pour les indiens du Nordeste ? Il apparaît parfois qu'on est tous un peu "indien" de quelque part, si on prend "indien" dans le sens "natif", "indigène". Il faut voir que s'affirmer "indien" et vivre dans une communauté indigène ici, ça donne un certain cadre : n'est pas indien celui qui vit en ville selon le rythme et les valeurs de la société "capitaliste". En fait, n'est pas indien celui qui se coupe de ses racines, et de sa culture. Tout comme n'est plus afrodescendant celui qui dénie ses racines. Là, on touche d'ailleurs à une question intéressante : l'importance des "racines", du lignage et de l'histoire du peuple/groupe/communauté. Pour être indien du brésil, il y a une question de sang, les parents, grands-parents, etc, sont reconnus comme indiens (appartenant à une communauté indienne), et tu dois être reconnu toi-même comme indien. (je ne parle pas ici de la reconnaissance des organismes publics, mais au sein de la communauté) Une sorte de reconnaissance des pairs.
Pour ce qui est de la matrice africaine, j'ai rencontré des gens du candomblé qui m'ont expliqué que eux ne se fondent pas sur le sang, mais seulement sur "l'appartenance" spirituelle. (bon, en même temps, de ce que je connais, le candomblé repose pas mal sur la famille pour transmettre et initier... donc le lignage entre quand même un peu en ligne de compte, mais cela semble un lignage plus "ressenti" que biologique)
Revenant aux Indiens du Nordeste : la question du lignage... Bon, en fait il y a plein de choses à dire, je vais donc écrire un billet "Pourquoi se poser la question "qu'est-ce qu'être indien?" ?" Ce sera déjà un bon début.

Les non-indiens... eh bien, par moments ce sont les Blancs, les Noirs, ou les non-indiens, ou non-indigènes. Et c'est pas toujours facile d'être "blanc". Mais on se débrouille !

7 février 2010 à 16:49

 
Anonymous Anonyme a dit...

Je suis vraiment content d'avoir trouvé votre blog. Les questions autour de définitions de ce type au Brésil sont plus complexes de ce que à la majorité des personnes pensent. J'ai fait un documentaire "Ethnographique" avec quelques communautés quilombolas à Bahia, un travail qui m'a enrichi bcp. Pendant cette expérience, j'ai compris le sens de l'expression: Brasil não, Brasis!

jv

9 février 2010 à 11:10

 

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