mercredi 28 octobre 2009

brève contextualisation : les indiens de la Bahia

Quelques chiffres

Sur 191 millions d'habitants au Brésil, on compte approximativement 700 000 indigènes appartenant à 241 peuples. Plus de 1 470 peuples indiens ont disparu au cours des 500 dernières années au Brésil, dont 344 dans le Nordeste. En 2005, d'après la FUNASA (organe responsable de la santé dans les villages indigènes), l'Etat de Bahia recensait 22 112 indiens appartenant à 14 nations indiennes.


Pour la petite histoire....

Il y a de cela 509 ans, les Portugais débarquent au Brésil, les Français aussi par la même occasion, mais un peu plus tard, et d'autres encore que j'oublie. Tous ceux-ci joyeux lurons, et surtout trop peu nombreux pour coloniser, peupler, travailler et défendre ce territoire immense, les compères comptent moult fleurette aux belles indigènes peu farouches, et produisent quantité de rejetons, font travailler la terre à ses habitants originels, puis font venir par bateaux entiers quelques bras bien musclés qu'on soumet pour aider à la tâche, lesquels, humains trop humains, cèdent également aux appels de la chair, et laissent sur cette terre une autre quantité de petits rejetons, lesquels vont se mélanger dans des ébats légitimes ou non avec les descendants des précédents, et ainsi de suite. Je laisse de côté les parties amères de cette histoire de jambes-en-l'air.... Bref – pif paf boum – 500 ans plus tard, on a vite fait de dire que de natifs, d'indigène, il n'existe plus que les peuples des régions reculées de l'Amazonie...

Et aujourd'hui....

Les Indiens du Nordeste parlent portugais, la plupart des nations ont perdu en grande partie leur langue, une bonne partie de la vie traditionnelle (interdictions des églises de pratiquer les rituels par exemple), leurs terres (accaparées par les colons puis par les fazendeiros), ont vu leur identité niée (sauf quand il s'agissait de discriminer, de retirer un droit de plus ou d'accorder gracieusement une interdiction supplémentaire).

Le Mouvement indigène – de lutte pour la reconnaissance et pour la récupération de la terre – a commencé il y a une vingtaine d'années, après la reconnaissance en 1988 par la Constitution brésilienne de l'identité et des droits des peuples indigènes du Brésil. Il lutte pour l'application de la Constitution et la récupération effective des terres.

Le problème c'est que comme il n'y avait plus d'indigènes, il faut commencer par les reconnaître, par reconnaître l'identité de chaque nation. Une fois reconnue anthropologiquement – études et expertises à l'appui – la nation se voit reconnaître le droit de vivre sur le territoire. Mais il faut passer ensuite par un processus complexe de démarcation du territoire : processus impliquant anthropologues de nouveau, mais surtout propriétaires terriens, hommes et femmes politiques représentant le territoire considéré, etc. Une fois le territoire démarqué, il faut qu'il soit « homologué ». Trois phases donc pour chaque nation : Reconnaissance, Démarcation, Homologation. Le processus étant très long, le mouvement agit en faisant pression par des action de « retomada » (re-prise de terre), qui consiste à occuper un territoire généralement tout juste assez grand pour y installer une petite communauté.

Parallèlement à la lutte pour la terre, le combat pour maintenir et, pour beaucoup, pour récupérer la culture de chaque nation, pour promouvoir la conscience de son identité et de ses racines, et pour faire accepter cette différenciation identitaire dans la société, faire cesser les discriminations – en particulier en combattant l'ignorance et les mensonges diffusés dans les médias et circulant dans beaucoup de rumeurs.

1 commentaires:

Anonymous colette riehl a dit...

salut, peux tu nous en dire + sur ces trois phases et où ils en sont de ce processus?
bien à toi
ko

11 avril 2010 à 05:25

 

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